Votre site a disparu sans prévenir ? Vous n'êtes pas seul dans l'Hérault
Un matin, un client vous dit qu'il n'a pas trouvé vos horaires. Vous tapez l'adresse de votre site. Page blanche, ou message d'erreur. Vous n'avez rien changé, rien résilié, rien oublié de payer. Et pourtant il n'y a plus rien.
Ce n'est pas une panne. C'est une fermeture décidée ailleurs, sans que vous soyez vraiment prévenu.
Nous avons vérifié les sites de 1 477 commerces et artisans de l'Hérault recensés dans les données ouvertes d'OpenStreetMap. 46 d'entre eux n'ont plus de site du tout, non pas parce qu'ils ont arrêté de payer, mais parce que la plateforme qui l'hébergeait a fermé. Des coiffeurs, des garages, des tabacs-presse, des architectes, des épiceries, des boucheries. À Lunel, Balaruc-les-Bains, La Grande-Motte, Agde, Magalas, Béziers, Pérols, Teyran.
Si c'est votre cas, cet article explique ce qui s'est passé et ce que vous pouvez faire.
Les trois causes, et comment reconnaître la vôtre
Sur ces 46 sites, la disparition vient de trois décisions différentes.
Vous aviez un site Google, avec une adresse en .business.site — 28 cas sur les 46, de loin le plus fréquent.
Google proposait à chaque fiche d'établissement un petit site gratuit, généré automatiquement à partir des informations de la fiche. Google a arrêté ce service en mars 2024. Pendant quelques mois, les visiteurs étaient redirigés vers la fiche Google de l'entreprise. Depuis, l'adresse renvoie une simple page d'erreur.
Nous avons retesté ces adresses en octobre 2026 : toutes répondent encore Error 404 (Not Found).
Vous aviez un mini-site vendu par Solocal ou PagesJaunes, avec une adresse en .site-solocal.com — 13 cas.
Ces mini-sites étaient inclus dans des formules de visibilité. Quand le contrat s'arrête, ou quand l'offre est retirée, le site disparaît avec. L'adresse affiche aujourd'hui SITE NOT FOUND.
Vous aviez une page gratuite chez un éditeur en ligne — 5 cas, principalement des pages Wix gratuites supprimées.
Comment savoir en trente secondes si vous êtes concerné
Regardez l'adresse de votre site, celle que vous donnez à vos clients ou qui figure sur votre fiche Google.
- Elle se termine par
.business.site→ le site n'existe plus depuis 2024. - Elle se termine par
.site-solocal.com→ le mini-site a été supprimé. - Elle contient
wixsite.com,blogspot, ou le nom d'une plateforme suivi d'un point → vous êtes hébergé chez quelqu'un qui peut décider d'arrêter.
Dans les trois cas, l'adresse ne vous appartient pas. Elle appartient à la plateforme, qui vous en prêtait un morceau.
À l'inverse, si votre adresse ressemble à votre-nom.fr et que vous la payez chaque année, elle est à vous. C'est toute la différence.
Ce que ça vous coûte concrètement
Le plus gênant n'est pas l'absence de site. C'est que tout le reste continue de pointer dessus.
Votre fiche Google existe toujours, avec le bouton « Site Web » qui mène à une page d'erreur. Vos anciens flyers, votre vitrine, votre page Facebook, les annuaires locaux, les articles de presse qui parlaient de vous : tous gardent l'ancienne adresse. Un client qui clique tombe sur une erreur, et une erreur inspire moins confiance qu'une absence.
Et les recherches Google qui menaient à votre site ne mènent plus nulle part. Le contenu que vous aviez écrit — vos horaires, vos prestations, vos photos, vos avis — a été supprimé avec la plateforme.
Ce que vous pouvez faire, dans l'ordre
1. Corrigez votre fiche Google aujourd'hui. C'est gratuit et c'est urgent. Connectez-vous à votre profil d'établissement et retirez le lien mort, ou remplacez-le par votre page Facebook si vous en avez une. Un bouton qui mène à une erreur est pire que pas de bouton.
2. Vérifiez si votre contenu est récupérable. Sur archive.org, entrez votre ancienne adresse : le site y a souvent été archivé avant sa fermeture. Vous pouvez y retrouver vos textes et vos photos plutôt que de tout réécrire.
3. Prenez un nom de domaine à votre nom. C'est quelques euros par an, et c'est la seule chose qui vous garantit que personne ne pourra éteindre votre adresse. Même si vous changez d'hébergeur, d'agence ou de technologie dix fois, l'adresse reste la vôtre et vos clients la retrouvent.
4. Ensuite seulement, décidez du site. Une page unique avec vos coordonnées, vos horaires et ce que vous faites suffit à beaucoup d'activités. Inutile de repartir sur une usine à gaz si ce n'est pas votre besoin.
La leçon qui vaut pour tout le monde
Un site gratuit fourni par une plateforme n'est pas un site. C'est un emplacement prêté, dans une vitrine qui appartient à quelqu'un d'autre, et qui peut être retirée quand cette personne change de stratégie.
Google l'a fait en 2024. Solocal l'a fait aussi. D'autres le feront.
La partie qui doit vous appartenir, c'est le nom de domaine. Le reste — l'hébergement, la technologie, le prestataire — peut changer sans que vos clients s'en aperçoivent. Le nom de domaine, lui, est ce que les gens tapent, ce que Google indexe, et ce qui figure sur tous vos supports.
C'est la seule chose qu'il ne faut jamais louer.
Nous sommes une agence de développement installée à Montpellier. Si vous êtes dans l'un de ces cas et que vous voulez en parler, ou simplement savoir ce qui est récupérable, écrivez-nous — nous regarderons votre situation avec vous.
Méthode : 3 564 commerces et artisans de l'Hérault relevés dans OpenStreetMap, 2 338 adresses uniques, 1 477 sites testés en septembre 2026 et revérifiés en octobre 2026. Enseignes nationales et administrations exclues. Chaque adresse a été vérifiée en http et https, avec et sans www.
Cyril Pivec, fondateur de PIVTECH SOLUTION, développeur senior (10 ans) et consultant automatisation/IA à Montpellier. Spécialisé Swift/iOS puis Next.js/TypeScript, après un parcours sur des applications bancaires (groupe BPCE) et e-commerce, aujourd'hui au service des PME.